Réforme des pensions : à quoi devez-vous vous attendre - fiduciaire-finacces

Réforme des pensions : à quoi devez-vous vous attendre

Vous n’avez pas pu passer à côté tant elle fait parler d’elle et suscite beaucoup d’inquiétudes, alors même qu’elle n’a pas encore été approuvée par le parlement. Depuis plusieurs mois, la prochaine réforme du gouvernement Arizona s’attaque – entre autres – à l’un des piliers de notre système social : le système des pensions.

L’objectif du gouvernement est simple : rendre le système des pensions financièrement plus soutenable pour ses caisses, inciter la population active vieillissante à rester au travail plus longtemps et lisser les différences entre les régimes pensions des salariés, des indépendants et des fonctionnaires.

Jours assimilés, travail effectif, bonus-malus, pensions anticipées, …voici un petit débrief des futures mesures.

Réformer, d’accord, mais quoi ?

Le bloc de base de la réforme repose principalement sur les notions de « travail effectif » et « jours assimilés ».

Actuellement, la législation belge prend en compte pour votre future pension toute année de carrière d’au moins 104 jours de travail effectif ou assimilés. Ce régime s’appliquera encore pour toutes les pensions prises avant le 1er janvier 2027

Avec la nouvelle réforme, pour qu’une année de carrière soit prise en compte pour votre future pension, elle devra être d’au moins 156 jours de travail effectif ou assimilés. Cette nouvelle règle s’appliquera à toutes les pensions prises à partir du 1er janvier 2027.

Soit une augmentation de minimum 52 jours par an pour les personnes qui continuent à travailler après 2027, avec un effet rétroactif pour la population active non-pensionnée après cette date.

À noter que des « jours de réserve » pourront être imputés pour des années de carrière où il vous manquerait un ou deux jours pour atteindre les 156 jours minimum. Le gouvernement prévoit jusqu’à 5 jours de réserve imputable sur une seule année ou sur plusieurs.

Exemple : Monsieur Z cumule 40 années de carrière de 156 jours, une année de 153 jours et une de 154 jours. Il peut utiliser ses 5 jours de réserve comme suit :

  • 3 jours pour compléter l’année de 153 jours,
  • 2 jours pour compléter l’année de 154 jours.

Autre point à souligner : dès 2027, la possibilité de prendre sa pension anticipée à partir de 60 ans si vous cumulez au moins 42 années de carrière comptabilisant chacune au moins 234 jours de travail effectif.

Mais qu’entend-t-on par « jour de travail effectif ou assimilés » ?

Avant la réforme, le système belge était très protecteur en ce qui concerne les périodes assimilées à du travail effectif.

Les périodes de chômage, de maladie longue durée ou encore de congé parental étaient presque entièrement comptées comme des périodes de travail effectif dans le calcul des droits à la pension. Autrement dit, une personne qui avait été en chômage ou en maladie pendant plusieurs années pouvait voir ces périodes comptées à part entière pour sa pension, ce qui lui permettait de partir à la retraite plus tôt, voire de combler un écart de carrière tout en maintenant une pension relativement élevée.

Avec la réforme, le gouvernement a choisi de limiter la prise en compte de ces périodes de non-travail et d’y imposer des conditions plus strictes.

Cela aura donc un impact sur l’âge de la retraite et la possibilité de prendre une retraite anticipée. Avec ces nouvelles règles, certaines personnes qui envisageaient de partir en retraite anticipée avec des périodes assimilées, de chômage ou maladie par exemple, risquent de se retrouver avec une réduction de leur pension.

Le système du bonus-malus ; ou la carotte et le bâton

La réforme des pensions prévoit un système de bonus-malus qui impactera le montant de votre pension brute en fonction du moment où vous décidez de partir à la retraite. Il s’agit du bloc « central » de la réforme.

Tout d’abord, le bonus.

Applicable à partir du 1er janvier 2026, il est possible de bénéficier de nouveau bonus pension si vous décidez de reporter votre pension après sa date légale moyennant, évidement, certaines conditions :

  • Avoir une carrière de 35 années comportant chacune au moins 156 jours de travail,
  • Avoir au moins 020 jours de travail sur l’ensemble de votre carrière,
  • Ne pas avoir perçu de pension.

Concrètement, il correspond à une majoration en pourcentage du montant de votre pension brute et ce, en fonction de votre année de naissance :

  • Personne née en 1962 ou avant  >> bonus de 2% par année reportée
  • Personne née entre 1963 et 1972  >> bonus de 4% par année reportée
  • Personne née à partir de 1973 >> bonus de 5% par année reportée
Maintenant, le malus.

Applicable à partir du 1er janvier 2027, le malus exercera la fonction inverse du bonus et agira comme une pénalisation en cas de retraite anticipée si vous ne remplissez pas les deux conditions suivantes :

  • Avoir une carrière de 35 années comportant chacune au moins 156 jours de travail,
  • Avoir au moins 020 jours de travail sur l’ensemble de votre carrière.

Concrètement, il correspond à une réduction en pourcentage du montant de votre pension brute et ce, en fonction de votre année de naissance :

  • Personne née en 1960 ou avant  >> malus de 0% par année anticipée
  • Personne née entre 1961 et 1965  >> malus de 2% par année anticipée
  • Personne née entre 1966 et 1974 >> malus de 4% par année anticipée
  • Personne née à partir de 1975 >> malus de 5% par année anticipée

L’objectif est clair : Travaillez plus longtemps et votre pension sera plus importante. Travaillez moins longtemps et vous serez pénalisé.

Qu’est-ce qui est compté comme un « jour de travail » dans le cadre du malus ?

  • Les jours de travail effectif ;
  • Le congé de soins (les congés thématiques, les crédits-temps avec motif, les congés d’adoption, les congés pour parents d’accueil, etc.) ;
  • Le congé de maternité (congé prénatal et postnatal, pauses d’allaitement et absences du travail pour examens médicaux prénataux) ;
  • Le congé de paternité ;
  • Le service militaire ;
  • Les périodes de maladie et d’invalidité ;
  • Le chômage temporaire (forme de chômage où le travailleur reste lié par un contrat de travail, par exemple le chômage technique, pour cause de force majeure, etc.) ;
  • Le chômage occasionnel des dockers, trieurs de poisson, déchargeurs de poisson et pêcheurs maritimes ;
  • Les jours de lock-out ;
  • Les jours passés en tant que juge aux affaires sociales ou membre d’une commission d’application de la législation sociale ;
  • Les périodes de mission syndicale ;
  • Les jours de détention provisoire sans condamnation.

Conclusion : entre adaptation et anticipation

En définitive, cette réforme des pensions risque de marquer un tournant important dans la manière dont la carrière professionnelle est valorisée en Belgique. En renforçant la place du travail effectif et en limitant certaines périodes assimilées, le gouvernement envoie un signal sans équivoque : la durée réelle d’activité devient le cœur du calcul des droits à la pension.

Si l’objectif de limiter l’impact des pensions sur les finances publiques est compréhensible, ses implications concrètes pour les travailleurs le sont tout autant. Allongement de la carrière, conditions plus strictes pour la pension anticipée, mécanisme de bonus-malus… autant d’éléments qui nécessitent une bonne compréhension de la réforme pour éviter d’éventuelles mauvaises surprises pour les futurs pensionnés.

Dans ce contexte, il devient essentiel pour chacun d’anticiper sa trajectoire professionnelle, de suivre l’évolution de sa carrière et, si nécessaire, de se faire accompagner afin d’optimiser ses droits futurs. Plus que jamais, la pension ne se subit plus : elle se prépare.

 

Date de publication : 04-05-2026