Transmettre son entreprise : passez le relais à temps.
Pendant des années, l’entrepreneur pense à développer son activité, conquérir de nouveaux clients, investir, embaucher et faire grandir son entreprise. La question de la transmission, elle, semble toujours pouvoir attendre.
Et puis un jour, elle devient incontournable.
Que faire de l’entreprise lorsque vient le moment de ralentir, de prendre sa retraite ou simplement de changer de projet ? La transmettre à ses enfants ? La vendre à un tiers ? La céder à un collaborateur ? Ou, faute de repreneur, envisager purement et simplement de mettre fin à une activité pourtant rentable ?
La transmission d’une entreprise est probablement l’une des décisions les plus importantes auxquelles un entrepreneur sera confronté. Et paradoxalement, elle est encore trop souvent préparée au dernier moment.
Une entreprise ne se transmet pas en quelques semaines
Céder une entreprise ne consiste pas simplement à déterminer un prix et à signer un contrat.
Avant même de rechercher un repreneur, il faut s’interroger sur la valeur réelle de l’entreprise, sa rentabilité, sa dépendance à son dirigeant, la solidité de sa clientèle, ses contrats, son organisation, son personnel ou encore sa situation financière et fiscale.
Une entreprise qui fonctionne parfaitement avec son patron peut, par exemple, perdre une partie de sa valeur si toute la relation commerciale repose sur la personnalité de celui-ci.
Préparer une transmission, c’est donc aussi préparer l’entreprise à pouvoir fonctionner sans son dirigeant.
Cela peut prendre plusieurs années.
Le prix n’est pas toujours la question la plus importante
Pour le cédant, son entreprise représente souvent beaucoup plus qu’un actif financier.
Il y a parfois trente ou quarante années de travail derrière un bilan. Des sacrifices, des risques pris, des investissements, des collaborateurs fidélisés et une clientèle construite au fil du temps.
Il n’est donc pas étonnant que l’entrepreneur ait parfois une perception de la valeur de son entreprise très différente de celle d’un acquéreur.
Le repreneur, lui, ne paie pas le passé. Il investit dans les bénéfices futurs.
Cette différence de perception peut devenir l’un des principaux obstacles à la transaction.
D’où l’importance d’une valorisation objective, mais également d’une réflexion suffisamment précoce sur les conditions de la transmission.
Et lorsque le repreneur est un enfant ?
La transmission familiale constitue un cas particulièrement sensible.
Transmettre l’entreprise à un enfant peut sembler naturel. Mais l’entreprise familiale n’est pas une famille et une famille n’est pas une entreprise.
Qui prendra réellement les commandes ? Les autres enfants seront-ils indemnisés ? Comment éviter les conflits ? Quelle place conservera le dirigeant sortant ? Comment financer la transmission ? Quelles seront les conséquences fiscales et patrimoniales ?
Ces questions doivent être abordées avant que l’opération ne devienne urgente.
En Wallonie, certaines transmissions d’entreprises peuvent par ailleurs bénéficier, sous conditions, d’un régime fiscal spécifique en matière de donation ou de succession.
Le danger le plus important : attendre
L’un des principaux risques n’est finalement ni fiscal ni financier.
C’est le manque de temps.
Un entrepreneur qui souhaite prendre sa retraite dans six mois et qui commence seulement aujourd’hui à chercher un repreneur se prive d’une partie importante de ses possibilités.
À l’inverse, celui qui commence à réfléchir à sa transmission plusieurs années à l’avance peut progressivement rendre son entreprise plus autonome, améliorer sa rentabilité, clarifier son organisation, préparer ses collaborateurs et envisager différents scénarios.
Il peut également choisir son moment plutôt que de le subir.
Une transmission réussie est une transmission préparée
La bonne question n’est donc peut-être pas : « Quand vais-je vendre mon entreprise ? »
Mais plutôt : « Que dois-je faire aujourd’hui pour que mon entreprise puisse être transmise demain dans les meilleures conditions ? »
Cette réflexion peut commencer bien avant l’âge de la retraite.
D’ailleurs, la Wallonie propose actuellement un accompagnement spécifique à travers le dispositif « Chèque-Transmission », qui permet notamment de travailler sur le diagnostic, la valorisation, la préparation de la cession, les aspects comptables et fiscaux et, dans certains cas, l’accompagnement du repreneur après la transaction.
La transmission n’est donc pas simplement la dernière étape de la vie d’une entreprise.
C’est un véritable projet d’entreprise.
Et peut-être même l’un des derniers grands projets du chef d’entreprise : faire en sorte que tout ce qu’il a construit puisse continuer à vivre après lui.
Parce qu’une entreprise qui ne trouve pas de repreneur ne disparaît pas seulement d’un registre de commerce. Elle peut emporter avec elle des emplois, des savoir-faire, des clients et parfois plusieurs générations de travail.
Préparer sa transmission, ce n’est donc pas tourner la page.
C’est préparer la suivante.
Vous envisagez de transmettre votre entreprise dans les prochaines années ? N’attendez pas le dernier moment. Parlons-en dès aujourd’hui pour préparer sereinement les différentes options.
Nous sommes également à vos côtés pour vous accompagner si vous souhaitez reprendre une entreprise.
Philippe Lemaire
Administrateur Finacces